L’article en bref
La sismothérapie ou électroconvulsivothérapie est une technique psychiatrique encadrée utilisée depuis les années 1930.
- Elle consiste à administrer un courant électrique contrôlé au niveau du crâne sous anesthésie générale, provoquant une crise convulsive thérapeutique de 2 à 3 minutes.
- Indiquée principalement pour les dépressions sévères avec un taux de réussite de 90%, elle traite aussi les troubles bipolaires et la schizophrénie résistante.
- Un traitement complet comprend 6 à 12 séances espacées de quelques jours, réalisées par une équipe médicale complète en milieu hospitalier.
- Les effets secondaires transitoires incluent confusion temporaire, maux de tête et troubles amnésiques de courte durée, généralement réversibles en quelques heures.
- La prise en charge est encadrée légalement et nécessite un consentement éclairé, avec remboursement par l’Assurance maladie.
Vous avez certainement entendu parler de cette technique médicale parfois controversée, mais savez-vous réellement ce qu’elle implique ? Nous souhaitons vous éclairer sur cette méthode thérapeutique particulière qui continue de susciter autant d’espoir que de débats dans le monde médical. La sismothérapie, que l’on nomme également électroconvulsivothérapie ou ECT, représente une option de traitement psychiatrique utilisée depuis les années 1930. Contrairement aux idées reçues véhiculées par certaines représentations culturelles, cette approche a considérablement évolué et s’effectue aujourd’hui dans des conditions radicalement différentes de ses débuts.
Cette technique consiste à administrer un courant électrique de très faible intensité au niveau du crâne, provoquant une crise convulsive contrôlée qui permet de stimuler certaines zones cérébrales. Les progrès médicaux des années 1940 ont transformé cette pratique en y intégrant l’anesthésie générale et la curarisation, éliminant ainsi toute sensation douloureuse et réduisant considérablement les risques. Nous observons que cette évolution a permis de redonner à cette méthode une place légitime dans l’arsenal thérapeutique moderne.
Qu’est-ce que la sismothérapie exactement ?
Nous parlons ici d’une intervention médicale encadrée qui repose sur un principe neurologique précis. Le traitement consiste à placer deux électrodes de part et d’autre du crâne, puis à faire passer un courant électrique alternatif pendant 2 à 3 minutes. Cette stimulation provoque une décharge neuronale similaire à celle observée lors d’une crise d’épilepsie, mais dans un cadre totalement maîtrisé.
La grande différence avec les pratiques anciennes réside dans les conditions d’administration. Aujourd’hui, chaque séance s’effectue obligatoirement sous anesthésie générale de courte durée, accompagnée d’une curarisation pour relâcher les muscles. Cette évolution fondamentale garantit que vous ne ressentirez aucune douleur et que les contractions musculaires seront atténuées. Le tout se déroule en présence d’une équipe médicale complète : un psychiatre, un anesthésiste et un infirmier.
Le déroulement précis d’une séance
Nous tenons à vous rassurer sur le protocole suivi. Chaque séance dure environ 10 minutes au total. Vous devez être à jeun depuis la veille au soir, et le matin même, une perfusion est posée avant votre transfert au bloc opératoire. Une fois endormi, vous recevez de l’oxygène en continu jusqu’à votre réveil. Plusieurs appareils surveillent constamment votre activité cardiaque, votre tension artérielle et votre activité cérébrale grâce à un électroencéphalogramme.
Après la séance, vous êtes transféré en salle de réveil où une surveillance rapprochée est maintenue pendant environ trente minutes. À votre réveil, vous pouvez ressentir une légère confusion qui disparaît généralement en quelques minutes. La sortie n’est autorisée qu’avec l’accord de l’anesthésiste, et vous devez impérativement être accompagné jusqu’au lendemain.
Les mécanismes neurologiques en jeu
Sur le plan scientifique, nous constatons que cette stimulation électrique favorise la formation de nouveaux neurones. Ces derniers s’intègrent efficacement au système neuronal existant et développent des connexions avec les autres cellules cérébrales. Ce phénomène, appelé neurogenèse, participe à l’amélioration des symptômes psychiatriques, notamment en atténuant la douleur morale ressentie lors de troubles psychiques sévères.
L’évolution des pratiques depuis 1940
L’histoire de cette technique témoigne d’une amélioration constante des protocoles. Dans les années 1970, la découverte de nombreux médicaments antipsychotiques avait entraîné une diminution de son utilisation. Néanmoins, nous assistons depuis quelques années à un regain d’intérêt, particulièrement pour les patients résistants aux traitements médicamenteux classiques. Selon les données de l’Assurance maladie, 25 378 actes de sismothérapie étaient comptabilisés en 2017, représentant une évolution de 5% entre 2015 et 2017.
Quelles sont les situations où cette approche est recommandée ?
Nous devons clarifier les indications thérapeutiques spécifiques pour lesquelles cette méthode peut être proposée. Elle n’est généralement pas le traitement de première intention, mais intervient lorsque d’autres options se sont révélées insuffisantes ou inadaptées.
| Pathologie | Taux de réussite | Nombre de séances |
|---|---|---|
| Dépression sévère | 90% | 6 à 12 |
| Troubles bipolaires | Très satisfaisant | 6 à 12 |
| Schizophrénie résistante | Satisfaisant | 8 à 12 |
La principale indication concerne la dépression sévère ou mélancolie profonde, avec des résultats particulièrement probants. Nous observons également son efficacité dans le traitement des troubles bipolaires, de la schizophrénie et des psychoses résistantes aux médicaments. Elle peut être prescrite en urgence psychiatrique en raison de sa rapidité d’action, notamment lorsqu’il existe un risque suicidaire important ou un danger vital à court terme.
Les avantages par rapport aux traitements médicamenteux
Nous soulignons trois bénéfices majeurs de cette approche. Au départ, sa rapidité d’action permet d’obtenir des résultats bien plus rapidement que les antidépresseurs classiques. Deuxièmement, son efficacité sur les symptômes aigus atteint environ 90% des patients traités. Troisièmement, elle génère moins d’effets secondaires que de nombreux traitements pharmacologiques au long cours.
Cette technique peut également être utilisée lorsque votre organisme supporte mal les médicaments ou lorsque ces derniers sont contre-indiqués. Elle s’avère particulièrement adaptée pour les femmes enceintes chez qui certains psychotropes présentent des effets tératogènes. La seule contre-indication médicale absolue reste l’hypertension intracrânienne.
Les autres pathologies concernées
Au-delà des troubles dépressifs, nous rencontrons d’autres situations où cette méthode peut être proposée : la catatonie, certaines démences, le syndrome malin des neuroleptiques, la maladie de Parkinson, l’épilepsie sévère, les troubles obsessionnels compulsifs et le syndrome de Gilles de la Tourette. Elle peut être utilisée chez les adultes, les adolescents, les enfants et les personnes âgées.
Quels sont les effets indésirables et les précautions ?
Nous devons aborder avec transparence les effets secondaires potentiels de cette intervention. Même si la sismothérapie est aujourd’hui considérée comme un traitement sûr, certains désagréments peuvent survenir temporairement après les séances.
Les effets les plus fréquemment rapportés incluent des troubles amnésiques transitoires, un état de confusion temporaire, des maux de tête et des douleurs musculaires. L’ensemble de ces manifestations disparaît généralement en quelques minutes à quelques heures. Nous insistons sur leur caractère transitoire et leur réversibilité spontanée.
D’autres effets secondaires peuvent être liés à l’anesthésie générale elle-même, avec des risques cardiovasculaires et respiratoires similaires à toute intervention sous anesthésie. Des complications plus rares concernent les lésions dentaires, les fractures ou luxations, ainsi que des nausées ou une raideur de la mâchoire. Les troubles de la mémoire à court terme constituent l’effet secondaire cognitif le plus discuté, bien qu’ils soient généralement réversibles en quelques jours.
Le cadre légal et le consentement éclairé
Nous rappelons que cette pratique ne peut être mise en œuvre sans votre consentement explicite, conformément à l’article L. 1111-4 du code de la santé publique. Votre psychiatre doit vous fournir une information claire et loyale sur votre état de santé et sur les traitements proposés. La décision repose sur un examen approfondi vérifiant l’échec ou l’impossibilité de recourir aux autres options disponibles.
Les recommandations officielles, notamment celles de la Haute Autorité de Santé publiées en octobre 2017 et celles de l’Agence nationale de sécurité du médicament d’octobre 2006, ont confirmé l’intérêt de cette technique comme alternative aux traitements médicamenteux, particulièrement pour les troubles bipolaires résistants.
L’organisation pratique du traitement
Nous détaillons maintenant les aspects organisationnels concrets qui vous permettront de mieux appréhender le parcours thérapeutique. Un traitement complet se compose généralement de 6 à 12 séances espacées de deux à trois séances par semaine. Cette organisation se décompose en trois phases distinctes.
La première phase, dite d’attaque, vise à diminuer voire faire disparaître les symptômes. La deuxième phase de consolidation dure 4 à 6 mois pour prévenir les rechutes. Enfin, un traitement de maintenance préventif peut être proposé sur le long cours aux patients présentant un risque élevé de rechute. Cette approche progressive permet d’optimiser les résultats et de maintenir l’amélioration obtenue.
Avant de débuter, vous devrez passer une consultation anesthésique et réaliser des examens biologiques. En fonction de votre état de santé, des examens complémentaires peuvent être demandés, notamment sanguins ou cardiologiques. Certains médicaments devront être suspendus temporairement, comme les anxiolytiques, les anti-épileptiques, les antidiabétiques ou les anti-coagulants.
Les modalités de prise en charge
Vous pouvez bénéficier de ces séances selon deux modalités. Soit en ambulatoire, où vous rentrez à votre domicile après chaque séance, soit dans le cadre d’une hospitalisation complète de 8 à 12 semaines. Dans ce second cas, vous entrez dans un protocole après réalisation des bilans somatiques et d’anesthésie. Peu d’établissements proposent cette technique : le département universitaire de Psychiatrie Solaris à l’hôpital Sainte-Marguerite à Marseille ou la Clinique du Parc en partenariat avec le CHU de Nantes figurent parmi les structures équipées.
Les séances sont prises en charge par l’Assurance maladie. En 2017, le montant total remboursé s’élevait à 939 628,05 euros pour les actes techniques et 1 345 097,36 euros pour les actes d’anesthésie. Ces chiffres témoignent d’une utilisation encadrée et systématiquement réalisée sous anesthésie, conformément aux recommandations professionnelles.
Vers une meilleure compréhension de cette technique
Nous sommes convaincus que cette approche thérapeutique mérite d’être mieux connue et comprise. Malgré les controverses qui subsistent, notamment concernant les effets à long terme et une éventuelle surmortalité chez les personnes âgées évoquée lors d’une question parlementaire en novembre 2018, les données actuelles montrent une technique sûre et efficace lorsqu’elle est pratiquée dans le respect des protocoles.
L’action sur le cerveau est certaine, même si le degré et la durée des modifications provoquées restent encore discutés. La recherche continue d’chercher les mécanismes d’action précis et d’affiner les protocoles pour maximiser les bénéfices tout en minimisant les risques. Nous encourageons un dialogue ouvert entre les patients, les familles et les équipes soignantes pour que chaque décision thérapeutique soit prise en toute connaissance de cause.
Cette technique représente une option précieuse dans l’arsenal thérapeutique psychiatrique moderne. Elle offre un espoir tangible aux personnes souffrant de troubles sévères résistants aux autres traitements. La transparence sur ses modalités, ses résultats et ses limites constitue la meilleure approche pour permettre à chacun de faire des choix éclairés concernant sa santé mentale.
Pour en savoir plus sur la région grenobloise : ville de Grenoble et wiki de Grenoble.


