L’essentiel à retenir : construire un arbre de parenté nécessite d’abord de recenser les caractères anatomiques partagés dans un tableau pour définir des groupes emboîtés. Cette démarche logique transforme des données brutes en une visualisation claire de l’évolution des espèces. Plus le nombre d’attributs communs est élevé, plus le lien de parenté est étroit.
Établir une classification phylogénétique cohérente à partir d’un tableau de caractères représente souvent un obstacle méthodologique lors de l’étude du vivant au cycle 3. Cet article structure un exercice arbre parenté svt 6ème complet, guidant l’analyse depuis la définition des attributs partagés jusqu’à la modélisation graphique précise des liens de parenté. La correction détaillée […] maîtrise la notion d’ancêtre commun hypothétique.
- Les bases : comprendre le tableau de caractères
- La méthode des groupes emboîtés pour classer
- Construire un arbre de parenté étape par étape
- Savoir lire et interpréter un arbre de parenté
- Exercice complet de la 6ème avec correction détaillée
Les bases : comprendre le tableau de caractères
Qu’est-ce qu’un tableau de caractères partagés ?
Le tableau de caractères constitue un outil méthodologique pour comparer plusieurs espèces. Il organise visuellement les informations : les lignes correspondent aux espèces étudiées tandis que les colonnes listent les caractères observables.
La lecture se fait en repérant la présence, souvent notée par une croix, ou l’absence d’un attribut physique. L’objectif est d’identifier précisément quels organismes partagent les mêmes traits. Cette étape est le prérequis pour établir des liens de parenté.
Ce tableau fournit la matière première indispensable pour construire un arbre de parenté, tel que défini par le programme de SVT en classe de 6ème.
Exemple de tableau pour un exercice type
Voici un exercice arbre parenté svt 6ème s’appuyant sur des espèces classiques. Ces exemples permettent de visualiser les regroupements.
| Espèces | Bouche | Squelette interne (vertèbres) | Doigts | Plumes | Poils | Bipédie exclusive |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Lombric | X | |||||
| Carpe | X | X | ||||
| Mésange | X | X | X | X | ||
| Chimpanzé | X | X | X | X | ||
| Homme | X | X | X | X | X |
L’analyse de ce tableau montre que le Lombric possède le moins de traits partagés avec le groupe. À l’inverse, l’Homme et le Chimpanzé cumulent le plus grand nombre de caractères communs.
Plus des espèces partagent de caractères, plus leur lien de parenté est étroit. Cet indice est la clé pour comprendre l’organisation du vivant.
La méthode des groupes emboîtés pour classer
Après avoir collecté les informations dans le tableau, l’étape suivante consiste à organiser ces données de manière visuelle. La méthode des groupes emboîtés est une technique pédagogique efficace pour y parvenir.
Définir les groupes à partir des caractères
Le concept repose sur une logique d’inclusion stricte, centrale pour tout exercice arbre parenté svt 6ème. Chaque ensemble réunit les espèces possédant un attribut biologique précis. Une catégorie peut ainsi s’insérer dans une autre, plus vaste.
Le contenant principal englobe toutes les espèces partageant le critère majoritaire. Les ensembles deviennent ensuite progressivement plus restreints et spécifiques. On affine alors la classification.
Cette modélisation visuelle, valorisée par le Muséum national d’Histoire naturelle, clarifie grandement la classification. Elle structure la compréhension des liens de parenté.
Application sur l’exemple précédent
Reprenons les données brutes du tableau comparatif analysé précédemment. L’objectif est de traduire les croix en une série de « boîtes » qui s’emboîtent rigoureusement les unes dans les autres.
- Groupe « Bouche » : englobe Lombric, Carpe, Mésange, Chimpanzé et Homme, formant la plus grande boîte.
- Groupe « Vertèbres » : réunit Carpe, Mésange, Chimpanzé et Homme à l’intérieur de la précédente.
- Groupe « Doigts » : rassemble Mésange, Chimpanzé et Homme.
- Groupe « Poils » : contient uniquement Chimpanzé et Homme.
- Groupe « Bipédie exclusive » : isole l’Homme dans la plus petite boîte.
Cette visualisation met immédiatement en évidence les relations de parenté. Le groupe « Poils » s’insère dans « Doigts », lui-même inclus logiquement dans « Vertèbres ». Cette hiérarchie stricte constitue l’ossature indispensable de l’arbre phylogénétique.
Construire un arbre de parenté étape par étape
Transformer les groupes emboîtés en arbre
La plus grande boîte correspond au tronc commun de l’arbre. Chaque nouvelle boîte plus petite représente une innovation évolutive et donc une nouvelle branche. Cette hiérarchie visuelle traduit directement les liens de parenté établis.
On dessine une ligne de base. Le premier caractère partagé par tous (la « bouche ») est placé à la base. Chaque caractère suivant est placé sur un « nœud » d’où partent les nouvelles branches.
Les espèces actuelles se placent toujours au bout des branches, jamais sur les nœuds.
La procédure détaillée en 4 étapes
Voici une méthode simple en quatre étapes pour ne pas se tromper. Ce protocole garantit la réussite de tout exercice arbre parenté svt 6ème.
- Tracer la ligne de base : Dessiner une ligne horizontale qui représente le temps. Placer l’ancêtre commun le plus ancien à gauche.
- Placer le premier caractère : Placer le caractère le plus partagé (ex: « Vertèbres », si on exclut le Lombric) sur la ligne principale. Toutes les espèces qui suivent le possèdent.
- Créer les embranchements : Pour chaque nouveau caractère partagé par un sous-groupe (ex: « Doigts »), créer un embranchement (un nœud). Placer le caractère sur le segment de branche juste après le nœud.
- Positionner les espèces : Placer le nom de chaque espèce à l’extrémité de sa branche finale. Les espèces qui partagent le plus de caractères récents se retrouvent sur des branches voisines.
Des outils numériques comme le logiciel Phylogène automatisent cette transformation, mais comprendre la logique manuelle est fondamental. L’outil informatique ne remplace pas la maîtrise du raisonnement.
Savoir lire et interpréter un arbre de parenté
Identifier les liens de parenté et le plus proche parent
Pour réussir un exercice arbre parenté svt 6ème, l’observation des nœuds est prioritaire. La règle principale est simple : plus deux espèces partagent un ancêtre commun récent dans le temps, plus elles sont étroitement apparentées. La proximité sur le papier ne compte pas.
- Pour trouver le plus proche parent d’une espèce A, il faut remonter sa branche jusqu’au premier nœud.
- L’autre branche qui part de ce même nœud mène au plus proche parent (ou au groupe-frère).
- Exemple : Sur notre arbre, en partant de l’Homme, on remonte jusqu’au nœud « Poils ». L’autre branche mène au Chimpanzé. Le Chimpanzé est donc le plus proche parent de l’Homme dans ce groupe.
Le concept d’ancêtre commun hypothétique
Il faut clarifier un point souvent mal compris : les nœuds de l’arbre ne représentent pas des espèces fossiles connues. Ils symbolisent des ancêtres communs hypothétiques.
Cet ancêtre est « hypothétique » car on le déduit. On sait qu’il a existé et qu’il possédait tous les caractères situés en amont de lui sur l’arbre, mais on ne l’a pas retrouvé.
Un nœud sur l’arbre est un portrait-robot de l’ancêtre. Il nous dit qu’il avait des vertèbres et des doigts, mais pas encore les caractères apparus après lui.
Par exemple, l’ancêtre commun à l’Homme et au Chimpanzé possédait des doigts et des poils. En revanche, il ne présentait pas la bipédie exclusive de l’Homme.
Exercice complet de la 6ème avec correction détaillée
Énoncé de l’exercice : établir les liens de parenté
Vous allez utiliser le tableau de caractères fourni plus haut pour construire l’arbre de parenté correspondant. L’objectif est de traduire ces données brutes en un schéma évolutif logique pour visualiser les liens, une compétence exigée par les programmes officiels.
L’énoncé reprend exactement les données de la section précédente sur les attributs partagés. Voici les trois missions à accomplir : définir les groupes emboîtés, dessiner l’arbre phylogénétique complet et justifier pourquoi l’Homme et le Chimpanzé sont les parents les plus proches dans cet exercice arbre parenté svt 6ème.
Correction pas à pas et explications
Pour la première question, notez que les groupes s’emboîtent du plus général au plus précis. La « Bouche » englobe tout le monde, puis les « Vertèbres » excluent le Lombric, et enfin les « Doigts » réunissent les tétrapodes restants.
Passons au dessin de l’arbre final. Le tronc commun porte le caractère « Bouche », puis « Vertèbres ». Une première branche se sépare ici pour la Carpe. La branche principale continue ensuite son chemin en portant l’innovation évolutive « Doigts ».
Après l’apparition des doigts, une branche diverge vers la Mésange, définie par le caractère « Plumes ». La ligne principale acquiert ensuite les « Poils », ce qui sépare finalement l’Homme, marqué par la « Bipédie exclusive », de son cousin le Chimpanzé.
L’Homme et le Chimpanzé sont les plus proches parents car ils cumulent le plus grand nombre de caractères dérivés : Bouche, Vertèbres, Doigts et Poils. Cela signifie que leur ancêtre commun exclusif est le plus récent de tout l’arbre, situé juste au nœud de leur séparation. C’est la preuve scientifique de leur proximité.
La classification du vivant repose sur l’identification rigoureuse des caractères partagés. L’organisation des données en groupes emboîtés constitue l’étape intermédiaire indispensable pour construire un arbre de parenté cohérent. Ce schéma final illustre l’histoire évolutive des espèces : plus le nombre d’innovations communes est élevé, plus le lien de parenté est étroit.
FAQ
Quelle est la première étape pour réussir un exercice sur les liens de parenté en 6ème ?
La réussite d’un exercice de classification repose initialement sur l’analyse rigoureuse du tableau de caractères. Il est impératif de repérer correctement la présence ou l’absence d’attributs (comme les vertèbres, les poils ou les plumes) pour chaque espèce listée. Ce relevé précis permet d’identifier les caractères partagés, qui constituent la seule preuve scientifique utilisée au collège pour établir des liens de parenté.
Comment passer des groupes emboîtés à l’arbre de parenté ?
La transformation des groupes emboîtés en arbre suit une logique de hiérarchie. La boîte la plus grande, qui englobe toutes les espèces, correspond à la base du tronc de l’arbre (l’ancêtre commun le plus lointain). Chaque boîte contenue à l’intérieur d’une autre représente une nouvelle branche qui se sépare du tronc. Les espèces se placent systématiquement à l’extrémité des branches, et non sur les nœuds ou le long des traits.
Que signifient les nœuds sur un arbre de parenté ?
Un nœud, situé à l’intersection de plusieurs branches, symbolise un ancêtre commun hypothétique. Il ne représente pas une espèce fossile connue, mais une déduction logique : un organisme théorique qui possédait tous les caractères apparus avant lui sur l’arbre. Cet ancêtre a transmis ces innovations évolutives à l’ensemble de ses descendants situés sur les branches ultérieures.
Comment identifier l’espèce la plus proche d’une autre sur un schéma ?
Pour déterminer le degré de parenté, il faut rechercher l’ancêtre commun le plus récent. Deux espèces sont considérées comme les plus proches parentes si elles partagent un nœud exclusif, situé le plus haut possible dans l’arbre. Cela signifie qu’elles partagent le plus grand nombre de caractères dérivés (innovations évolutives) par rapport aux autres espèces présentes dans l’exercice.
Pourquoi l’Homme et le Chimpanzé sont-ils regroupés ensemble dans les exercices types ?
Dans les exercices de SVT niveau 6ème, l’Homme et le Chimpanzé sont présentés comme proches parents car ils partagent une majorité de caractères du tableau (bouche, vertèbres, doigts, poils). Leur séparation sur l’arbre ne se fait qu’en toute fin, sur la base de caractères spécifiques comme la bipédie exclusive. Cette proximité illustre le fait qu’ils partagent un ancêtre commun relativement récent dans l’histoire de l’évolution.



