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Eric

Comment vaincre un blocage : guide pratique

L’article en bref

L’article en bref : Les blocages psychologiques sont invisibles de l’intérieur mais sabotent nos projets et relations. Souvent enracinés dans le manque d’amour pour soi, ils nécessitent une approche d’écoute plutôt que de combat. Voici les points clés :

  • Trois familles de blocages : émotionnels (peur du rejet), mentaux (syndrome de l’imposteur) et de l’action (procrastination)
  • L’importance du regard externe : seul, on tourne en rond ; un tiers empathique permet au cerveau d’apprendre à traiter ce qu’il évite
  • Approche systémique privilégiée : EMDR, IFS, Vipassana offrent des transformations durables plutôt que des résultats rapides mais fragiles
  • Trois phases essentielles : identification mentale, accueil émotionnel, révision profonde des schémas identitaires
  • Outils complémentaires : respiration, méditation et cohérence cardiaque créent les conditions pour le travail thérapeutique

Un blocage psychologique, c’est souvent invisible de l’intérieur. Un peu comme un morceau de salade coincé entre les dents : vous ne le voyez pas, mais tout le monde autour de vous, si. Cette métaphore dit beaucoup sur la nature de ces freins intérieurs qui sabotent nos projets, nos relations, notre énergie. Deux tiers des gens déclarent ne pas être à l’aise avec le dialogue extérieur — et pourtant, c’est précisément ce regard extérieur qui permet de mettre le doigt dessus.

Comprendre ce qu’est réellement un blocage psychologique

Avant de vaincre un blocage psychologique, encore faut-il savoir ce qu’on combat. Un blocage, ce n’est pas un défaut de caractère ni un signe de faiblesse. C’est une tension qui s’exprime simultanément sur trois plans : mental, émotionnel et corporel. Elle naît d’émotions refoulées, non exprimées, qui cherchent une sortie.

Les trois grandes familles de blocages

On distingue trois catégories principales. Les blocages émotionnels regroupent la peur du rejet, de l’abandon, de l’échec, les blessures d’enfance, les phobies ou la tristesse refoulée. Les blocages mentaux incluent le syndrome de l’imposteur, les croyances limitantes, la peur de manquer. Enfin, les blocages de l’action se manifestent par la procrastination, l’auto-sabotage ou certaines dépendances comportementales.

Le psychiatre Frédéric Fanget rappelle que le manque d’amour pour soi constitue la racine commune de presque tous ces schémas. On veut se changer parce qu’on ne s’accepte pas tel qu’on est. Ce point est essentiel : il déplace le problème du « comment faire » vers le « pourquoi je résiste ».

Les 5 niveaux de conscience face au blocage

La résolution d’un blocage dépend du niveau auquel on se situe. Du niveau 0 (déni total) au niveau 4 (perturbation systémique cherchant l’équilibre), chaque pallier appelle une stratégie différente. Au niveau 1, on perçoit le blocage comme un ennemi à abattre. Au niveau 3, on comprend qu’il s’agit d’une partie de soi qui n’a jamais été écoutée.

Cette flexibilité cognitive dans la lecture du problème change tout. Elle permet de passer d’une posture de combat à une posture d’écoute — et c’est là que le vrai travail commence.

Pourquoi on ne peut pas (toujours) le résoudre seul

Seul, on tourne en rond. Le système nerveux en alerte empêche le recul nécessaire. Un tiers empathique — thérapeute, coach, pair — permet au cerveau d’apprendre à traiter ce qu’il évite. Christophe André, psychiatre et psychothérapeute, souligne régulièrement l’importance de l’alliance thérapeutique dans ce processus. Ce n’est pas une question de volonté : c’est neurologique.

Techniques concrètes pour se libérer d’un frein intérieur

Passer à l’action contre un blocage ne signifie pas « forcer ». L’approche interventionniste — hypnose agressive, recadrage brutal — peut générer un effet pervers : le retour du refoulé. L’approche systémique, elle, écoute ce que le blocage veut dire.

Approche Méthode Risques / Avantages
Interventionniste Hypnose, PNL, recadrage forcé Résultats rapides mais retour du refoulé possible
Systémique IFS, EMDR, NERTI, TIPI, Vipassana Plus lente, mais transformation durable

Les trois phases du travail de libération

Se libérer d’un blocage suit un processus structuré en trois phases. D’abord la phase mentale — identifier la boucle répétitive, remonter à son origine, reconnaître les bénéfices secondaires du blocage (car oui, il protège quelque chose). Ensuite la phase émotionnelle : rencontrer la part de soi concernée, l’accueillir avec auto-empathie, observer les sensations corporelles sans chercher à les contrôler.

La troisième phase relève d’un travail plus profond sur l’identité et les schémas de fond — un terrain que la dissonance cognitive éclaire bien : quand nos croyances contredisent nos actes, le système crée une tension que seule une révision profonde peut résoudre.

L’EMDR : une thérapie validée pour les traumatismes enfouis

L’EMDR (Intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires) est reconnue depuis 2013 par l’Organisation mondiale de la santé comme alternative valide aux thérapies comportementales et cognitives pour traiter les souvenirs traumatiques. Elle réactive le mécanisme naturel d’intégration du cerveau en synchronisant les réseaux neuronaux impliqués dans le traitement émotionnel.

Les résultats apparaissent en 3 à 10 séances selon les profils. Les séances en visioconférence sont considérées aussi efficaces qu’en présentiel. Sébastien Bohler, rédacteur en chef de la revue Cerveau & Psycho, a largement contribué à vulgariser ces mécanismes cérébraux auprès du grand public.

Respiration, méditation et cohérence cardiaque

Ces outils ne résolvent pas un blocage profond à eux seuls, mais ils créent les conditions favorables au travail émotionnel. La méditation de pleine conscience — surtout la méditation Vipassana — entraîne l’observation sans opposition des émotions. La cohérence cardiaque régule le système nerveux autonome. Ensemble, ils renforcent la capacité à traverser l’inconfort plutôt qu’à le fuir.

Maintenir les progrès et savoir quand consulter

Surmonter un blocage n’est pas un événement ponctuel. C’est un apprentissage. Pierre David, fondateur de l’Académie de la Haute Performance, propose notamment un processus de dépolarisation — minimum 5 séances, soit une dizaine d’heures au total — permettant d’identifier et d’éliminer un blocage émotionnel dans la même séance. En moins de 3 mois, des blocages de fond peuvent être traités durablement.

Pour consolider les acquis, voici des leviers concrets :

  1. Reconnaître ses réussites plutôt que de se focaliser sur les échecs
  2. Créer des mantras ancrés dans des émotions positives vécues
  3. Cultiver une pensée utile plutôt que simplement « positive »
  4. Se fixer de petits objectifs pour développer la confiance par étapes

Quand malgré des heures d’entraînement ou de travail personnel les mêmes schémas reviennent, c’est le signe qu’un professionnel est nécessaire. Le meilleur thérapeute reste celui qui correspond à votre sensibilité — qu’il s’agisse de somatothérapie, d’approche existentielle ou d’IFS. L’essentiel : ne pas sacrifier la relation à sa propre sécurité. C’est précisément dans l’interaction avec l’autre que le cerveau apprend à se reconfigurer.

Sources de référence :

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