L’article en bref
L’AVC ischémique sylvien gauche constitue une urgence neurologique majeure nécessitant une prise en charge immédiate.
- L’obstruction de l’artère sylvienne gauche provoque une hémiplégie droite et des troubles du langage (aphasie) chez les droitiers, touchant 150 000 personnes par an en France.
- Les symptômes apparaissent brutalement : paralysie du visage et du bras droit, difficulté d’élocution. Le critère FAST permet une reconnaissance rapide.
- Le traitement en urgence repose sur la thrombolyse (jusqu’à 4h30) et la thrombectomie mécanique (jusqu’à 6h) pour recanaliser l’artère obstruée.
- La prévention secondaire associe antithrombotiques, statines, contrôle tensionnel et modifications du mode de vie pour éviter la récidive.
L’AVC ischémique sylvien gauche représente une urgence neurologique majeure qui survient lorsque l’artère sylvienne gauche, également appelée artère cérébrale moyenne, se trouve obstruée. Cette obstruction interrompt brutalement l’apport sanguin vers des zones essentielles du cerveau gauche, déclenchant une cascade de symptômes caractéristiques. En France, nous observons que près de 150 000 personnes sont touchées chaque année par un accident vasculaire cérébral, et les infarctus sylviens constituent la forme la plus fréquente de ces AVC ischémiques. Chez les droitiers, une atteinte de l’hémisphère gauche entraîne des conséquences particulièrement invalidantes, puisque cet hémisphère contrôle le langage et la motricité du côté droit du corps. Nous vous proposons d’étudier en profondeur les manifestations cliniques de cette pathologie ainsi que les modalités de prise en charge qui permettent d’optimiser les chances de récupération.
Comprendre l’atteinte de l’artère sylvienne gauche
L’artère sylvienne gauche prend naissance à la base du cerveau, au niveau de la bifurcation de l’artère carotide interne. Elle se ramifie ensuite vers différentes régions cérébrales, formant ce que nous appelons le territoire sylvien. Cette artère assure la vascularisation des structures profondes comme les noyaux striés et la capsule interne, mais également d’une grande portion de la face externe de l’hémisphère cérébral. Pour mieux comprendre ces structures anatomiques complexes, vous pouvez consulter notre cours système nerveux : anatomie et fonctionnement.
Le territoire vasculaire concerné
Le territoire sylvien gauche présente une importance capitale dans notre fonctionnement quotidien. Chez les personnes droitières, qui représentent environ 90% de la population, l’hémisphère gauche constitue l’hémisphère dominant pour le langage. Cette zone cérébrale abrite notamment l’aire de Broca, située au niveau du pied de la troisième circonvolution frontale, et l’aire de Wernicke, localisée dans la région temporale postérieure. Ces deux centres nerveux orchestrent respectivement la production et la compréhension du langage. Lorsqu’une occlusion survient dans cette artère, les conséquences se manifestent immédiatement sur le côté droit du corps, en raison du fonctionnement croisé de notre système nerveux central.
Distinction entre atteinte superficielle et profonde
Nous distinguons deux types d’infarctus sylviens selon la localisation de l’obstruction. L’infarctus sylvien superficiel touche les branches corticales et provoque principalement des troubles du langage chez les droitiers, associés à un déficit moteur modéré prédominant au niveau du bras et du visage. À l’inverse, l’infarctus sylvien profond atteint la capsule interne et entraîne une hémiplégie massive, proportionnelle et globale, car les fibres nerveuses commandant tous les mouvements se trouvent sectionnées à ce niveau. Dans certains cas graves, nous observons un infarctus sylvien total qui combine les deux tableaux cliniques et s’accompagne fréquemment d’une altération de la conscience initiale.
Les mécanismes de survenue
Plusieurs mécanismes peuvent conduire à l’obstruction de l’artère sylvienne gauche. Le plus fréquent implique un caillot sanguin qui migre depuis le cœur, notamment en cas de fibrillation atriale, un trouble du rythme cardiaque touchant environ 10% des personnes de plus de 65 ans. L’athérosclérose représente une autre cause majeure : des plaques d’athérome, constituées de dépôts lipidiques, s’accumulent progressivement sur la paroi interne de l’artère et finissent par provoquer une sténose critique. Chez les sujets jeunes, nous rencontrons également des dissections artérielles, où un hématome se développe dans la paroi de l’artère, compromettant ainsi la circulation sanguine.
Reconnaître les manifestations cliniques
Les symptômes d’un AVC ischémique sylvien gauche apparaissent de manière brutale et constituent une urgence absolue. Nous insistons sur l’importance de reconnaître rapidement ces signes, car chaque minute compte pour préserver le tissu cérébral. L’apparition soudaine d’un déficit neurologique focalisé doit immédiatement faire appeler le 15.
Les signes neurologiques caractéristiques
Chez un droitier victime d’une atteinte sylvienne gauche, nous observons systématiquement une paralysie du côté droit du corps. Cette hémiplégie droite affecte particulièrement le bras et le visage, tandis que la jambe peut être relativement épargnée. Le patient présente également une aphasie, c’est-à-dire un trouble du langage qui peut prendre différentes formes. L’aphasie de Broca se caractérise par une expression laborieuse, avec des phrases courtes et un manque du mot, tandis que la compréhension reste préservée. À l’inverse, l’aphasie de Wernicke provoque un discours fluide mais incompréhensible, avec une altération majeure de la compréhension. Le visage tombe d’un côté, le sourire devient asymétrique, et le patient ne parvient plus à lever le bras droit. Ces manifestations correspondent aux critères FAST, un moyen mnémotechnique que nous utilisons pour évaluer rapidement un AVC.
| Critère FAST | Signification | Signe clinique |
|---|---|---|
| F (Face) | Visage | Asymétrie faciale, lèvre tombante |
| A (Arm) | Bras | Impossibilité de lever le bras droit |
| S (Speech) | Parole | Trouble du langage, difficulté d’élocution |
| T (Time) | Temps | Urgence absolue, appeler le 15 |
L’importance du diagnostic précoce
Nous ne cessons de répéter que le temps constitue le facteur pronostic majeur dans la prise en charge de l’AVC. Au-delà des premières heures, les neurones privés d’oxygène meurent définitivement. L’imagerie cérébrale, réalisée en urgence dès l’arrivée à l’hôpital, permet de confirmer le diagnostic et surtout de distinguer un infarctus cérébral d’une hémorragie. L’IRM représente l’examen de référence : elle visualise la zone ischémiée dès les premières minutes grâce aux séquences de diffusion. Pour approfondir vos connaissances sur le fonctionnement du système nerveux en situation de stress, nous vous invitons à découvrir notre article sur calmer le système nerveux parasympathique : le protocole.
Les stratégies thérapeutiques en urgence
Dès l’admission en unité neurovasculaire, nous mettons en œuvre une stratégie thérapeutique agressive visant à recanaliser l’artère obstruée. L’objectif consiste à sauver la zone de pénombre, cette région cérébrale souffrante mais encore viable qui entoure le noyau d’infarctus constitué. Deux techniques principales s’offrent à nous : la thrombolyse intraveineuse et la thrombectomie mécanique.
La thrombolyse et la thrombectomie
La thrombolyse consiste à administrer par voie intraveineuse un médicament, le rt-PA, qui dissout le caillot sanguin. Cette technique s’applique dans les 4 heures et 30 minutes suivant l’apparition des premiers symptômes. En 2015, plusieurs études ont démontré l’efficacité de la thrombectomie mécanique, qui permet d’extraire physiquement le thrombus à l’aide d’un dispositif introduit par voie endovasculaire. Cette intervention peut être réalisée jusqu’à 6 heures après le début des symptômes, voire plus tard dans certains cas sélectionnés. Ces traitements comportent un risque hémorragique, notamment cérébral, mais leur bénéfice sur la récupération fonctionnelle justifie leur utilisation.
La surveillance et les soins intensifs
Durant la phase aiguë, nous surveillons étroitement plusieurs paramètres vitaux. La pression artérielle ne doit pas être abaissée de manière intempestive, car une certaine élévation tensionnelle permet de maintenir la perfusion cérébrale dans les zones hypoperfusées. Nous luttons activement contre l’hyperthermie, l’hyperglycémie et l’hypoxie, qui aggravent toutes les lésions ischémiques. La kinésithérapie débute précocement pour prévenir les complications de décubitus et améliorer la perception du membre paralysé. Pour ceux qui souhaitent réviser les fondamentaux de la neurologie, notre page contrôle système nerveux 4ème : corrigé et explications propose des ressources pédagogiques complémentaires.
Prévenir la récidive après un AVC
Après la phase aiguë, nous instaurons une stratégie de prévention secondaire visant à éviter un nouvel accident vasculaire. Cette prise en charge globale repose sur des traitements médicamenteux et la correction des facteurs de risque modifiables.
Les traitements antithrombotiques
Selon la cause identifiée de l’AVC, nous prescrivons soit des antiagrégants plaquettaires comme l’aspirine ou le clopidogrel, soit des anticoagulants oraux. En présence d’une fibrillation atriale, les anticoagulants constituent le traitement de référence car ils réduisent considérablement le risque de récidive. Les antiagrégants plaquettaires s’utilisent préférentiellement en cas d’athérosclérose, réduisant le risque de nouvel infarctus d’environ 20%. Nous associons systématiquement une statine pour contrôler le cholestérol, indépendamment du taux initial.
La modification du mode de vie
Nous encourageons vivement nos patients à adopter des changements durables dans leur hygiène de vie. L’arrêt du tabac représente une priorité absolue, le tabagisme multipliant par deux le risque d’AVC. Le contrôle tensionnel constitue un autre pilier fondamental, l’hypertension artérielle étant le principal facteur de risque modifiable. Une activité physique régulière, une alimentation équilibrée pauvre en graisses saturées et en sucres raffinés, ainsi qu’une limitation de la consommation d’alcool à moins de trois verres par jour participent activement à la prévention. La prise en charge du diabète, de l’obésité abdominale et des apnées du sommeil complète ce dispositif préventif global. Nous accompagnons également les patients dans la gestion du stress quotidien, facteur contributif souvent sous-estimé.
Sources : ville de Grenoble et wiki de Grenoble


