Femme étudiant dans une bibliothèque historique avec livres

Eric

Comment citer dans un mémoire : guide complet

L’article en bref

Maîtriser les règles de citation dans un mémoire est essentiel pour éviter le plagiat et assurer la rigueur académique.

  • Sanctions légales graves : le plagiat expose à 3 ans de prison et 300 000 euros d’amende selon le Code de la propriété intellectuelle, sans compter l’annulation du diplôme.
  • Deux méthodes principales : la citation directe (entre guillemets) et la paraphrase (reformulation), chacune nécessitant une source mentionnée.
  • Normes variées selon disciplines : AFNOR, APA, Vancouver, Chicago, MLA et Harvard offrent des formats différents adaptés à chaque domaine.
  • Outils automatisés : Zotero et Mendeley simplifient la gestion bibliographique et éliminent les erreurs de formatage.
  • Sources fiables : privilégier des plateformes validées scientifiquement comme cairn.info, openedition.org ou HAL-SHS plutôt que des blogs.

Rédiger un mémoire sans maîtriser les règles de citation, c’est prendre un risque énorme. En France, le plagiat expose à des sanctions prévues par le Code de la propriété intellectuelle (articles L.111-1, L.122-4 et L.335-2°) pouvant atteindre 3 ans de prison et 300 000 euros d’amende. Sans compter l’annulation pure et simple du diplôme. Alors autant comprendre une bonne fois pour toutes comment citer dans un mémoire correctement.

Pourquoi citer ses sources est indispensable dans un mémoire

Un mémoire n’est pas une œuvre sortie du néant. Tout travail de recherche s’appuie sur des connaissances existantes, et reconnaître les auteurs qui vous ont précédé fait partie des règles du jeu académique. Citer ses sources, c’est aussi faciliter la vérification de votre raisonnement par le jury.

Le plagiat, c’est reprendre une idée ou une formulation d’un autre auteur sans le mentionner. Même involontaire, il est sanctionné. Les logiciels anti-plagiat sont aujourd’hui systématiquement utilisés dans les universités françaises, et les jurys savent parfaitement identifier un texte mal sourcé.

Mais au-delà de la sanction, citer correctement révèle la rigueur de votre démarche. Les grilles d’évaluation de la grande majorité des mémoires intègrent explicitement le respect des normes bibliographiques. Un mémoire sans citations conformes peut même être déclaré irrecevable.

Il faut aussi savoir que les mémoires d’étudiants sont des sources légitimes. Issus d’un travail de 1 à 2 ans, souvent fondés sur des enquêtes de terrain ou des archives inédites, ils apportent des analyses pointues que les articles scientifiques ne couvrent pas toujours. Les citer, c’est enrichir la littérature académique et façonner une continuité dans la recherche.

Les deux grandes méthodes pour intégrer les idées d’autrui

Quand on parle de comment citer dans un mémoire, deux approches coexistent : la citation directe et la paraphrase. Les confondre ou les mal utiliser sont deux erreurs fréquentes chez les étudiants.

La citation directe reprend mot pour mot un extrait d’une source. Elle se place entre guillemets. Une citation courte ne dépasse pas 3 lignes de texte et s’intègre dans le corps du paragraphe. Une citation longue, jusqu’à 10 lignes, forme un paragraphe distinct, mis en retrait et à interligne simple. Dans les deux cas, la source complète figure en note de bas de page ou dans le texte selon la norme choisie.

La paraphrase, elle, reformule l’idée avec vos propres mots. Elle exige une restructuration réelle du texte original, pas simplement quelques synonymes glissés ici et là. La source doit toujours être mentionnée, mais la pagination n’est plus obligatoire.

Pour éviter les répétitions dans les notes de bas de page, deux abréviations latines sont très utiles :

  1. Ibid. (ibidem, « au même endroit ») : pour renvoyer à la source citée juste avant, sur la même page.
  2. Op. cit. (opere citato, « œuvre citée ») : pour renvoyer à une source déjà citée plus tôt dans le mémoire, quand d’autres sources ont été mentionnées entre-temps.

Les principales normes bibliographiques et leurs formats

Il n’existe pas une seule façon de citer. Les normes varient selon les disciplines, les institutions et les pays. Voici les principales que vous rencontrerez.

Norme Système utilisé Domaines principaux
AFNOR Note de bas de page Universités francophones, Europe
APA (American Psychological Association) Auteur-date dans le texte Sciences humaines, psychologie
Vancouver Numérotation numérique Sciences médicales, biologie
Chicago Note de bas de page ou auteur-date Histoire, sciences sociales
MLA (Modern Language Association) Auteur-page entre parenthèses Littérature, arts
Harvard Auteur-date Sciences, management

Prenons un exemple concret avec la norme APA. Pour une citation : « Les dispositions sur les baux commerciaux sont d’ordre public et le locataire ne peut renoncer à leur bénéfice » (Julliot de la Morandière, 1962, p. 195). Pour la même idée en paraphrase : Julliot de la Morandière (1962) explique qu’un locataire ne peut renoncer à ces protections, même par clause contractuelle.

Avec la norme Vancouver, on écrit simplement [1] après l’idée citée, et en bibliographie : [1] Julliot de la Morandière L. Droit commercial. 2e édition. Paris : Dalloz ; 1962. Simple, mais rigoureux.

Pour citer une thèse selon les normes AFNOR, voici le modèle : Simon Grivet, Tuer sans remords, une histoire de la peine de mort en Californie de la fin du XIXe siècle à nos jours, Thèse de doctorat en histoire, sous la direction de François Weil, Paris, École des hautes études en sciences sociales, 2011, 748 p.

Outils et bonnes pratiques pour ne jamais rater une référence

Dès la première consultation d’un document, notez systématiquement toutes ses références. C’est une discipline fondamentale. Retrouver après coup l’éditeur ou la date de publication d’un ouvrage consulté il y a six mois, c’est une perte de temps considérable.

Deux logiciels s’imposent vraiment pour la gestion bibliographique. Zotero est très polyvalent et largement adopté dans les communautés de chercheurs. Mendeley, recommandé pour les thèses, offre des fonctionnalités similaires. Ces outils automatisent la mise en forme des références selon la norme choisie, ce qui élimine les erreurs de formatage.

Pour les sources en ligne, privilégiez des plateformes à validation scientifique : cairn.info, openedition.org, PubMed, HAL-SHS, theses.fr ou encore le dépôt Dumas. N’importe qui peut publier sur internet, mais ces archives garantissent une qualité éditoriale sérieuse. Si vous travaillez sur la mémoire photographique : définition et techniques pour la développer, vous trouverez sur ces plateformes des articles validés bien plus fiables qu’un blog quelconque.

Enfin, pensez à l’outil en ligne Scribbr pour vérifier rapidement la mise en forme de vos références. Et si votre mémoire porte sur l’histoire des femmes, sachez que l’association Mnémosyne offre au meilleur mémoire dans ce champ la possibilité d’être publié aux Presses Universitaires de Rennes : une belle reconnaissance du travail de recherche étudiant.


Sources : ville de Grenoble, wiki de Grenoble

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